Chenille Procéssionnaire

La chenille est responsable de dégâts sur les conifères, en se nourrissant des aiguilles, parfois jusqu’à la défoliation. Sans provoquer directement la mort de l arbre, ces stress, répétés sur plusieurs années et conjugués à d autres stress, affaiblissent les arbres et les rendent plus sensibles aux attaques d autres pathogènes ou d insectes xylophages.
Les poils urticants de la chenille présentent aussi potentiellement un risque pour la santé humaine et animale : au contact de la peau ou des muqueuses, ces poils se brisent et libèrent une protéine urticante et allergisante, la thaumétopoéine. Les poils en question ne sont pas les poils blancs visibles sur les flancs de la chenille, mais des poils microscopiques
stockés dans des poches appelées « miroirs » situées entre ses segments abdominaux dorsaux : un miroir contient en moyenne 120 000 poils urticants, soit près de 1 million de poils par chenille. Les nids d hiver, dans lesquels les chenilles effectuent leurs dernières mues, abritent des millions de poils urticants, y compris après la sortie des papillons adultes.
Ces nids conservent donc leurs capacités urticantes plusieurs mois, voire plusieurs années lorsqu’ils sont à l’abri de l’humidité. Dans ces conditions, le contact direct avec un nid ou le bois peuvent remettre des poils en suspension dans l’air et provoquer des réactions.

EN CAS DE RÉACTION ALLERGIQUE : CONSULTER RAPIDEMENT UN MÉDECIN.

MÉTHODES DE LUTTE

La lutte contre cet insecte ne permet pas d éviter une nouvelle infestation, mais limite localement les populations de ce ravageur, à un taux compatible avec la présence humaine.
Ces différentes méthodes de lutte sont complémentaires les unes des autres, dépendent de la saison, de la densité des chenilles et de la présence ou non d humain.
- échenillage : consiste à collecter les pré-nids et nids, voire les rameaux qui en sont porteurs, pour ensuite les détruire par le feu.
- insecticides biologiques : la matière active utilisée est la bactérie Bacillus thuringiensis (Bt) ; le produit est pulvérisé sur le feuillage, la chenille l absorbe en mangeant l aiguille, la bactérie dégage des substances toxiques dans l intestin de la chenille dont les mâchoires se bloquent avant de mourir en 2 à 5 jours (ce mode d action est efficace uniquement chez les lépidoptères) ; code usage e-phy : 14053111.
- insecticides non biologiques : plusieurs matières actives sont homologuées, mais les solvants utilisés ayant des effets secondaires chez les humains, leur usage est préféré en parcelle forestière ; code usage e-phy : 14053111, 14203102, 00403006.
- piégeage : les pièges attirent le papillon mâle grâce à la phéromone sexuelle émise par la femelle, qui tombe dans un entonnoir où il se noie ; la portée est d environ 1 km.
- prédateur naturel : la présence des mésanges est à encourager en installant des nichoirs spécifiques (trou d entrée du nichoir : 32 mm = mésange bleue ; 28 mm =(mésange charbonnière)

1. Un soir d’été, les papillons processionnaires sortent de terre. Le mâle et la femelle s’accouplent. Le mâle meurt un ou deux jours après.
2. La femelle s’envole et va pondre entre 70 et 300 œufs sur une branche de pin. Puis elle meurt à son tour.
3. Les chenilles éclosent 30 à 45 jours après la ponte. Elles se nourrissent avec les aiguilles du pin, et restent reliées entre elles par un fil de soie.
4. Au cours de leur croissance, les chenilles changent de couleur et ont de plus en plus de poils (jusqu’à 1 million). Ceux-ci peuvent se libérer avec le vent et provoquer des problèmes de santé aux hommes et aux animaux.
5. Les chenilles construisent un abri en soie en automne, sur la branche d’un pin. Puis elles passent l’hiver dans cet abri, ne sortant que la nuit pour entretenir leur nid et se nourrir.
6. Au printemps, la colonie conduite par une femelle quitte l’abri et se dirige vers le sol. C’est la procession de nymphose : toutes les chenilles se tiennent les unes aux autres et se déplacent en longue file. Une file peut compter quelques centaines de chenilles. Au bout de plusieurs jours, elles s’arrêtent dans un endroit bien ensoleillé. Puis chacune d’entre elles s’enfouit dans un trou de 10 à 20 cm.
7. Deux semaines plus tard, les processionnaires ont tissé des cocons individuels et se transforment en chrysalides. Elles vont rester dans cet état pendant plusieurs mois (ou parfois plusieurs années selon les régions).
8. Au bout de quelques mois, chaque chrysalide se métamorphose en papillon, toujours sous la terre. Et puis, un soir d’été, les papillons sortent de terre…