Mineuse du marronnier

La Caméraria, Un ravageur des marronniers de France

Depuis quelques années, il est fréquent d’observer en France dès le mois de juin le brunissement des feuilles des marronniers d’Inde puis en juillet, leur chute prématurée. Ces dégâts sont dus à un parasite qui creuse de véritables « mines » à l’intérieur des feuilles : la Caméraria ohridella.

Qu’est-ce que la Caméraria?

C’est un petit papillon dont les chenilles dévorent l’intérieur des feuilles pendant l’été. Les arbres infectés ont une croissance ralentie et produisent des fruits plus petits.

Qu’elle est sa biologie ?

Au printemps, les adultes sont facilement observables sur les troncs où ils se retrouvent pour l’accouplement après être sortis des feuilles restées au sol. Les femelles pondent plusieurs dizaines d’œufs minuscules à la surface supérieure des feuilles. Les œufs éclosent après un délai variant de 1 à 3 semaines et les jeunes chenilles s’enfoncent alors à l’intérieur de la feuille dont elles dévorent le parenchyme supérieur. A la fin du développement larvaire, la nymphose se produit le plus souvent dans un petit cocon blanc à l’intérieur de la mine. La chrysalide perce ensuite la paroi du cocon et l’épiderme de la feuille, permettant ainsi la libération du L’insecte passe l’hiver à l’état de chrysalide dans les feuilles tombées au sol et émerge au printemps suivant.
La Caméraria ohridella donne généralement 3 générations par an en France.

Qu’attaque-t-elle ?

Le marronnier d’Inde à fleur blanche est très nettement préféré par l’insecte mais d’autres espèces de marronniers ainsi que certains érables permettent son développement.

Quelle est son origine ?

Son origine est inconnue, mais depuis sa découverte en Macédoine il y a une vingtaine d’années, la Caméraria a colonisé progressivement l’Europe centrale et occidentale. Elle a été récemment observée en Angleterre, en Espagne et au Danemark. En France, elle a été signalée à la frontière allemande en 1998. Sa dispersion est très rapide : en 2003, elle était présente dans presque tous les départements français, exceptés ceux du sud-ouest du Massif Central, de la partie occidentale de la Bretagne, et l’extrême sud-ouest.

Les études menées pendant 4 ans à l’échelle nationale ont montré que la dispersion était en relation avec la densité de la population et la proximité de voies de communication (autoroutière, fluviale ou ferroviaire).
Les trois photos suivantes montrent l’évolution dans le temps :

Ces trois photos ont été prises en Bourgogne exactement sur la même branche du même marronnier près de Cluny (71250) loin de toute voie de communication.
Note : la première photo n’est pas tout à fait comparable puisqu’elle a été prise en juin (mais à l’époque on ne pouvait pas savoir que la maladie arriverait !)

Quels sont les moyens de lutte ?

La présence des feuilles au sol durant la période hivernale a une forte influence sur la croissance des populations. Il est donc fortement recommandé d’éliminer totalement les feuilles mortes en hiver lesquelles abritent les chrysalides, pour limiter les dégâts l’année suivante : ratissage des feuilles puis destruction (par le feu de préférence).

Quelles sont les actions menées ?

Le fléau est devenu si important que 8 pays d’Europe se sont associés dans le cadre du contrat européen CONTROCAM (« Lutte contre Caméraria »), dont la France avec I’INRA d’Orléans. Les études portent principalement sur l’épidémiologie et la dispersion de l’insecte.
Enfin, les études n’ont pas permis de trouver d’ennemis naturels capables de contrer son développement.
Les recherches se poursuivent pour identifier l’aire géographique d’origine afin d’y trouver des parasites efficaces.